Pour l'entourage

Comment aider quelqu'un de son entourage?

Chacun-e peut être amené un jour à aider un-e ami-e, un frère, une soeur, un enfant, un collègue... Dans ces cas-là, il arrive que l'on se trouve désemparé. Voici donc quelques indications générales qui pourront peut-être vous servir. 

Le suicide est généralement l’aboutissement d’un processus long et complexe au cours duquel l’individu a tenté de trouver une issue à une souffrance intense. Le suicide ne traduit généralement pas un désir de mort en tant que tel, mais une recherche d’apaisement face à une souffrance existentielle insupportable que seule la mort semble pouvoir apporter.

Il n’est pas toujours possible de réaliser la détresse dans laquelle vit un membre de notre entourage, mais des signaux d’alerte indiquant son mal-être peuvent exister. En prêtant attention à ces signaux, il peut être possible de stopper le processus suicidaire.

L'entourage a un rôle essentiel à jouer dans la détection du risque suicidaire, puisqu'il s'agit des premières personnes qui peuvent s'apercevoir que quelque chose va mal. Il est donc indispensable d'intervenir pour permettre à la personne de trouver l'aide dont elle a besoin, en passant par la suite le relais à des professionnel-le-s, car l'aide des proches et celle des professionnel-le-s sont complémentaires. 

Les signaux d’alerte permettant de repérer un état de mal-être ou des idées suicidaires chez une personne peuvent s’exprimer:

  • par des messages verbaux directs ou indirects (« Je veux mourir », « Vous serez bientôt débarrassés de moi », etc.)
  • par des indices émotionnels ou comportementaux (changements d’humeur, perte d’intérêt et de motivation, isolement, absentéisme, etc.)

Il n’y évidemment pas de règle générale ni de liste exhaustive, mais il s’agit d’être attentif à la répétition et/ou à la conjonction de certains de ces signaux. 

Face à une personne qui exprime des idées suicidaires, chacun réagira différemment, en fonction de sa personnalité, de son vécu, mais également de ses possibilités et de ses limites. Cependant, quelques recommandations générales peuvent s’avérer utiles.

Attitudes à privilégier :

  • Prendre au sérieux toute mention ou tentative de suicide
  • Se mettre à l’écoute de la personne 
  • La questionner aussi calmement que possible et sans jugement
  • Ne pas chercher à tout expliquer
  • Lui faire part de votre inquiétude de la voir si mal et de votre envie de l’aider
  • Encourager la personne à en parler et la soutenir dans ses démarches auprès de professionnels

Il est important de ne pas vouloir rester seul-e pour aider une personne suicidaire : il ne faut pas hésiter à s’entourer afin de pouvoir apporter à cette personne l’aide la plus adaptée.

Attitudes à éviter :

  • Ne pas juger, se moquer ou banaliser lorsqu’une personne parle de suicide
  • Ne pas moraliser la personne en l’incitant à vivre par devoir pour ses proches
  • Ne jamais mettre une personne suicidaire au défit de passer à l’acte
  • Ne pas donner des recettes faciles ("secoue-toi!", "va te changer les idées!", "n'y pense pas!")
  • Ne pas s’engager au-delà de nos possibilités
  • Ne pas promettre de n’en parler à personne

Il est ESSENTIEL de maintenir la communication avec une personne qui exprime une telle souffrance ou des idées suicidaires, afin d'entendre et de reconnaître cette souffrance. Parler ouvertement de ce qu'elle vit ne va pas l'inciter à finaliser son geste.

Mais écouter et parler ne suffisent pas: pour que la personne puisse élaborer ce qu'elle traverse, il est indispensable de l'inviter à en faire part à un-e professionnel-le de la santé. 

Pour aider quelqu'un, il faut aussi disposer de ressources. N'hésitez donc pas à contacter un des numéros indiqués dans les pages de cette rubrique afin de demander conseil, et de ne pas rester seul-e avec cette lourde responsabilité. 

Si vous avez perdu un proche par suicide

Plusieurs associations ou services publics proposent des groupes ou consultations d'aide pour personne endeuillées, notamment As'trame à Genève, Sion, Neuchatel, Fribourg et Lausanne, Fondation Arc-en-Ciel (en allemand) pour les parents vivant le deuil d'un enfant à Genève, Lausanne, Fribourg, Bienne et sur Vaud, ParsPas en Valais, la Fondation la Chrysalide à Neuchâtel, Vivre son deuil qui organise des cafés-deuil, propose des formations et une ligne d'écoute et Espaces Proches dans le canton de Vaud, Caritas dans le Jura, SOS Enfants, l'association Cabinet de la vie et Catherine Maurin qui fait de l'accompagnement indiviuel à Genève.

SOS Enfants, Genève, lu 9h-18h, mer et jeu 9h-16h : 022 312 11 12

Cabinet de la vie, groupe pour endeuillés suite à un suicide, jeudi matin : 022 734 52 22