Bonnes pratiques

Les prises de positions du Conseil suisse de la presse. Deux exemples : une plainte acceptée, l’autre rejetée

 
Article "La mort pour 60 dollars" sur un "kit suicide" (8/2012). 
 
Le quotidien Le Matin rapporte la polémique née aux Etats-Unis autour du suicide de Nick Klonoski. Ce jeune homme de 29 ans a utilisé un "kit suicide" vendu par correspondance par une nonagénaire. 
 
STOP SUICIDE estime que Le Matin n’a pas fait preuve de la prudence requise, en fournissant des informations détaillées sur le "kit suicide" et son utilisation. Selon Le Matin, la publication de ces détails « était uniquement dictée par l’information du public » et « la bonne compréhension du cas ». 
 
Le Conseil suisse de la presse juge que Le Matin n’a pas fait que décrire factuellement le dispositif qui a servi à Nick Klonoski à se suicider. « Il met en scène l’acte lui-même en décrivant les gestes que le suicidé a dû faire pour parvenir à ses fins. Aucun témoin n’étant présent, il s’agit bien d’une reconstitution destinée à mettre le lecteur “en situation". Cette description est "presque incitative". 
 
 
Reportage "Et personne ne les retient. La lune seule est témoin" sur le pont Lorzentobelbrücke, un lieu de suicide connu dans le canton de Zoug (20/2006). 
 
Un reportage du magazine SonntagsBlick illustre la thèse critique de la rédaction : il faut des filets de sécurité ! Plusieurs journaux régionaux ont déjà pointé la longue inaction des autorités cantonales. Dans sa plainte, le gouvernement zougois s’indigne: le périodique n’a pas pris à cœur les avertissements sur le danger d’imitation. 
 
Le Conseil de la presse juge que le média a rapporté de manière imagée, mais soigneuse et proportionnée. Dans cette histoire exemplaire il n’a nullement glorifié le suicide, et a renoncé à donner les détails des cas. La part importante de l’illustration correspond à la forme du magazine, mais les images n’ont pas d’effet sensationnel.
 
 
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