REMISE VOLONTAIRE D’ARMES : UNE PREMIÈRE ÉTAPE BÉNÉFIQUE MAIS INSUFFISANTE
Le groupe d’experts mis sur pied par le Département fédéral de défense et de la protection de la population et des sports (DDPS) rend son verdict : on ne peut plus obliger les jeunes soldats à garder leurs armes à domicile !
Le Conseil d’État du canton de Genève a décidé, le 5 septembre 2007, de donner la possibilité aux jeunes soldats habitants à Genève de déposer leur arme de service à l’arsenal cantonal. STOP SUICIDE avait applaudi cette décision, une première étape bénéfique mais insuffisante (http://www.stopsuicide.ch/medias/?p=69).
L’étude d’octobre 2008 de l’Alliance européenne contre la dépression démontrait l’essentiel : la Suisse détient le triste record du nombre de suicides par armes à feu. Par ailleurs, l’on sait que réduire la disponibilité des armes à feu permet de réduire le nombre de suicides, notamment dans la population jeune. Rappelons qu’en Suisse le suicide est la première cause de mortalité des jeunes de 15 à 24 ans avec les accidents de la circulation routière (OFS, 2004).
Cette décision de la Commission d’experts du DDPS est donc bénéfique, parce que l’on donne la possibilité aux jeunes de se protéger eux-mêmes.
Toutefois, elle est insuffisante. D’abord, parce que le suicide par arme à feu concerne notamment des personnes qui n’ont pas présenté des troubles psychiques préalables – il peut donc s’agir d’une méthode facile d’accès pour les jeunes qui n’auraient pas eu l’idée de vouloir se protéger contre eux-mêmes. Ensuite, parce que les jeunes en détresse n’auront pas forcément le réflexe de remettre l’arme à l’arsenal de manière bénévole.
Pour STOP SUICIDE, à partir du moment où l’on admet que l’arme de service peut ne plus être à la maison, il faut que le DDPS prenne une décision claire et franche, obligeant toutes les personnes soumises à l’obligation de servir de remettre leur arme de service à l’arsenal ! Notre initiative « Protection face à la violence des armes », lancée avec 70 autres organisations et partis politiques, le demande et nous en restons convaincus.