L’État vend des armes à feu : « C’est une situation délirante »

STOP SUICIDE ne comprend pas pourquoi les autorités alimentent le marché.

« Dans tous les pays, lorsque les pouvoirs publics saisissent une arme à feu, ils la détruisent. Pourquoi pas en Suisse ? » s’énerve le responsable de Stop suicide, Florian Irminger.
Il réagit à chaud à la vente aux enchères, demain à Aigle, de l’Office vaudois des poursuites et faillites. Dans le lot, notamment, deux pistolets semi-automatiques et un pistolet-mitrailleur sont proposés aux plus offrants.
« Ce sont des actifs saisis comme d’autres », explique le préposé cantonal, Pascal-Jacques Kramer, à Montreux. Les trois armes à feu en question ont été saisies dans le cadre d’une procédure d’exécution forcée (poursuite ou faillite). Elles seraient vendues aux amateurs, collectionneurs et membres de société de tir. Ce qui permettrait de dédommager les créanciers.
Bref, rien d’exceptionnel à cela. Les armes à feu se vendent régulièrement aux enchères. « Et tout est fait dans les règles légales », souligne le préposé. La police cantonale a examiné les pistolets (numéro de série) et assiste au bon déroulement de leur vente aux enchères.
« C’est dommage si le canton compte remplir ses caisses comme cela », ironise le responsable de STOP SUICIDE. Il rappelle le triste palmarès de la Suisse. Elle a le plus haut taux de suicides et de violence conjugale par arme à feu du monde. Pour inverser cette tendance, il faudrait régulariser davantage les conditions de vente. « Dans cette affaire, c’est le rôle des pouvoirs publics qui me dérange le plus, s’insurge le responsable de STOP SUICIDE. C’est une situation délirante. »

Article de Dominique Botti, paru dans Le Matin bleu du 12 novembre 2008

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