Quelles sont les bonnes attitudes à adopter face à une jeune qui dit vouloir passer à l’acte? Les réponses de Stop Suicide.
«Une victime toutes les quarante secondes dans le monde… Le suicide, arrêtons-le ensemble!» C’est sous ce slogan que Stop Suicide a choisi de partir cette année en campagne. Première manifestation: la Journée mondiale nationale qui a eu lieu le 10 septembre dernier. D’autres événements s’ajoutent pour sensibiliser la population à cette problématique, comme la soirée d’échange sur le suicide chez les jeunes à la Maison de quartier des Eaux-Vives. L’occasion de faire le point sur quelques mesures de prévention. Explications de Marie Lièvre, coordinatrice auprès de l’association.
Statistiques alarmantes
La Suisse compte, chaque année, entre 1300 et 1400 suicides. Les jeunes entre 15 et 24 ans sont aussi très touchés, puisqu’ils sont environ 150 à passer à l’acte, soit un tous les trois jours. «Ces chiffres émanant de l’Office fédéral de la statistique, mettent en avant la gravité du sujet. Et il est important d’en parler», note la jeune femme.
Prévention essentielle
«Chacun de nous est concerné. On peut tous être affectés par cette problématique, admet Marie Lièvre.» Raison pour laquelle il est judicieux d’être «plus attentifs à l’autre».
Signes d’alerte
La dépression est un facteur de risque important de passer à l’acte. Cependant, comme l’explique la spécialiste, «c’est assez compliqué d’établir un tableau précis de signes traduisant que la personne va le faire ou non, car c’est très individuel.» Mais certains signaux ne trompent pas: des phrases, répétées par le jeune, comme «J’en ai marre de la vie» ou «Ce sera plus facile après», des changements de comportement, notamment des mauvais résultats à l’école, un isolement total ou encore de l’agressivité. «L’adolescent peut aussi sortir énormément, rencontrer plus de gens que d’habitude.» Bref, s’il montre un tout autre caractère qu’habituellement, cela doit alerter les parents.
Bonnes attitudes à adopter
Bien écouter. «Tendre l’oreille, de manière active, avec empathie et compréhension à la personne en détresse peut être un bon début de réponse, ajoute Marie Lièvre. C’est pour elle la possibilité de trouver une première aide.»
Attention tout de même. Ecouter et soutenir quelqu’un en souffrance ne doit pas devenir un fardeau. «Autant la personne qui va mal ne restera pas seule, autant l’aidant ne sombrera pas non plus, en restant, par exemple, pendu au téléphone jusqu’à trois heures du matin», explique-t-elle.
Passer le relais. Surtout chez les jeunes, comme le déclare la coordinatrice. «On peut donner à son copain des numéros d’aide et des sites Internet (voir encadré) ou, pourquoi pas, faire les démarches avec lui, s’il n’en a pas la force. Dernière mesure: si la personne en souffrance refuse, appeler soi-même des spécialistes pour demander des conseils.»
Idée fausse
«Sept personnes sur dix qui se suicident en avaient parlé avant», note Marie Lièvre. Un message capital si l’on pense que le contraire était prôné il y a quelques années encore. «En effet, explique-t-elle. Quelque fois, cela peut être perçu par l’entourage comme du chantage, mais il y a, derrière ces mots, un mal-être évident. La personne se trouve dans une impasse et elle veut vivre une autre vie que celle d’aujourd’hui, devenue impossible. C’est pour cette raison qu’il faut être attentif pour lui ouvrir le champ des possibles, lui faire entrevoir toutes les autres solutions qui s’offrent à elle, mais qu’elle ne voit plus. Demander de l’aide est primordial, il ne faut pas laisser la personne comme ça.»
Infos: www.stopsuicide.ch
Pour en parler ce soir: Séance d’information et d’échange sur le suicide des jeunes, en présence d’un thérapeute. Mardi 15 septembre à 20 h, entrée libre, à la Maison de quartier des Eaux-Vives, 3, chemin de la Clairière, tél. 022 736 72 71
Pour en parler ce soir:
Séance d’information et d’échange sur le suicide des jeunes, en présence d’un thérapeute. Mardi 15 septembre à 20h, entrée libre, à la Maison de quartier des Eaux-Vives, 3, chemin de la Clairière, tél. 022 736 72 71
Sandra JOLY
(source : Tribune de Genève, 15 septembre 2009)