Archive pour avril 2008

Le couac d’Eveline Widmer-Schlumpf ne serait qu’un « malentendu »

Dimanche 20 avril 2008

Sur le plateau de l’émission de la TSR « Infrarouge », la conseillère fédérale en charge du Département de justice et police a commis une erreur en répondant sur la question du contrôle des armes à feu. Un simple quiproquo, assurent ses services.

Vous trouvez la problématique du contrôle des armes à feu complexe ? N’ayez crainte, Eveline Widmer-Schlumpf aussi. Du moins c’est ce que pourrait laisser penser l’intervention de la conseillère fédérale sur le sujet lors de l’émission « Infrarouge », mardi soir [15 avril 2008, ndlr] sur la TSR. Et c’est plus particulièrement sa réponse à Florian Irminger qui pose problème.
Inquiet de voir qu’en Suisse les autorités n’ont « aucun suivi » sur des millions d’armes, le coordinateur de l’Association STOP SUICIDE a souhaité savoir si la cheffe du Département de justice et police prévoyait de prendre des mesures pour contrôler ou sécuriser l’accessibilité aux armes pour les privés. Pour expliquer la position actuelle du Conseil fédéral, Eveline Widmer-Schlumpf a notamment répondu que de toute façon « on ne peut pas acheter de munitions pour l’arme que l’on a à la maison sans permis». Ce qui est faux. Pour acquérir des cartouches en armurerie, il suffit en effet de présenter une simple pièce d’identité et d’apposer une signature dans le registre officiel. Une procédure que confirme d’ailleurs Jürg Siegfried Bühler de l’Office fédéral de la police : « Pour se procurer de la munition il faut être majeur, ne pas être suspecté d’utiliser l’arme d’une manière dangereuse pour soi-même ou les autres et enfin ne pas être enregistré au casier judiciaire pour un acte à caractère violent. » Le fonctionnaire explique en outre que certaines de ces conditions sont « parfois difficiles à vérifier sur le moment pour le commerçant » qui doit toutefois exiger les documents s’il venait à avoir un doute sur l’acheteur.

Un dossier à traiter rapidement
Au Département de justice et police, le chef de la communication Livio Zanolari explique que « la déclaration d’Eveline Widmer-Schlumpf est due à un malentendu ». Et d’ajouter : « Le message qu’elle souhaitait faire passer, c’est que ce sont les marchands d’armes qui sont légalement responsables de s’assurer que les dispositions de vente soient respectées. » Reste que le récent cas du gymnasien lausannois qui s’est rendu en classe une arme chargée et des munitions en abondance dans son sac « mériterait peut-être que la conseillère fédérale se penche rapidement sur le dossier », conclut Florian Irminger.

Article de Julian Pidoux, paru dans Le Matin dimanche du 20 avril 2008

Oui, la violence des jeux agit sur les jeunes

Dimanche 20 avril 2008

Montée de l’agressivité, désensibilisation, baisse de l’empathie: de nombreuses études montrent l’impact négatif des jeux vidéo violents sur les jeunes adeptes. Devant le nombre croissant de crimes perpétrés par des adolescents, et même si le lien avec un passage à l’acte sanglant n’a pas pu encore être établi formellement, des spécialistes estiment qu’il faut déclarer la guerre à ces produits.

Le 12 avril dernier, à Schwytz, un écolier de 15 ans assassinait sa belle-mère et son demi-frère au couteau, durant leur sommeil. Signe distinctif de cet adolescent, comme de plusieurs autres jeunes agresseurs lors de drames précédents : il était un adepte des jeux vidéo violents.
Sans doute n’en apprendrons-nous pas davantage sur le lien entre ces deux informations. Et, bien sûr, personne n’oserait pointer du doigt une cause unique dans un tel drame. Reste que ces éléments inquiètent. Alors que les interventions politiques se multiplient dans le pays – notamment dans les cantons de Vaud et de Berne – pour trouver un remède au problème, 82 % des lecteurs sondés cette semaine par le quotidien vaudois 24 heures estimaient que la violence des jeux vidéo influence le comportement des enfants.
Et ils ont raison. C’est ce que démontrent quantité d’études, dont le sérieux est attesté par de nombreux professionnels, parmi lesquels Karen Ritchie, neuro-psycho-épidémiologiste à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Montpellier (F): « Les nouvelles générations de jeux vidéo contiennent des éléments extrêmement violents. Beaucoup d’études démontrent que les jeunes qui s’y adonnent présentent une baisse de leurs facultés d’empathie, une plus grande agressivité et une désensibilisation à la violence. En outre, certains jeux sont potentiellement neurotoxiques, et donc aussi nocifs que certaines drogues. » Pour Karen Ritchie, prendre la défense des jeux vidéo comme cela s’est vu dans de nombreux médias est donc proprement « scandaleux » de la part de spécialistes.
Philip Jaffé, professeur de psychologie spécialisé dans les droits de l’enfant à Sion, est tout aussi catégorique: «Dans les jeux vidéo, on est extrêmement actif, contrairement à la télévision. Il y a un investissement cognitif du personnage, qui dans certains jeux est un héros violent. Cela réveille chez beaucoup de joueurs une agressivité « encapsulée » jusque-là.» Un constat particulièrement vrai pour les FPS (First person shooter, jeu de tir à la première personne), où l’écran correspond au champ de vision du personnage.
Le travail le plus complet sur le sujet a été effectué par des chercheurs de l’Université Saint Leo de San Antonio (Floride). Il s’agit d’une analyse de la plupart des études publiées sur vingt ans au sujet des jeux vidéo violents. Selon les conclusions des chercheurs américains, les jeunes joueurs ont « tendance à imiter dans la réalité les gestes qu’ils viennent de faire accomplir à leurs personnages sur l’écran ».
Des « copycat », en somme. Une définition que ne renieraient pas les associations qui luttent contre le suicide des jeunes, elles qui mettent en garde contre une « glorification » du suicide dans les médias, à cause du risque d’imitation. « Je ne sais pas si on peut mettre en avant le même lien de cause à effet avec les jeux vidéo violents, admet Florian Irminger, coordinateur de STOP SUICIDE. Mais je pense que ces jeux provoquent des émotions dont on n’est pas forcément conscient, surtout lorsqu’on est jeune. »
Et c’est là l’un des hics : selon une étude américaine publiée l’an dernier dans une revue spécialisée, les jeux vidéo violents sont particulièrement appréciés par les préadolescents de 12 à 14 ans. Le titre Grand Theft Auto (GTA), dont la sortie du prochain opus le 29 avril suscite une fois de plus la polémique, vient en tête de liste de leurs préférences.

De plus en plus réalistes
Bien sûr, les jeux violents ne représentent qu’une petite part d’un marché en pleine expansion. Pour beaucoup de « gamers » invétérés, ils ne sont carrément pas intéressants, voire repoussants. « Ce genre de jeu m’est insupportable, admet Didier Bonvin, spécialiste des jeux vidéo au Matin. Certains sont comparables à des snuff movies. Et avec l’évolution des consoles, ils deviennent de plus en plus réalistes. »

Les problèmes potentiels surviennent lorsqu’ils sont mis entre les mains de joueurs jeunes, mais surtout « sensibles et influençables », résume Philip Jaffé. « Ces jeux ont un impact incitatif potentiel sur une minorité de jeunes vulnérables. Mais nous n’avons pas assez d’expérience clinique pour attester d’un lien direct. De plus, toute violence est multifactorielle », ajoute pour sa part Pierre-André Michaud, de l’Unité multidisciplinaire de santé des adolescents à Lausanne. Faut-il dès lors attendre qu’un drame établisse une connexion évidente entre jeu et réalité ? « Non, répond Philip Jaffé. Les études sont assez claires. Il est difficile d’interdire, car les jeunes trouveront toujours un moyen de se procurer ces jeux. Mais il faut mettre des filtres raisonnables, et perfectionner la pédagogie autour de la violence. Tant au niveau de l’école qu’à celui des parents. »

Jeux violents, bêtes noires d’un marché en plein boom
En Suisse, le marché du jeu vidéo connaît une croissance phénoménale: l’année 2007 a vu le chiffre d’affaires total de la branche augmenter de 40 %, selon la Swiss Interactive Entertainment Association (SIEA). Une expansion due principalement à l’ouverture de nouveaux segments de marché et à la commercialisation d’une nouvelle génération de consoles, comme la Wii de Nintendo.

Sexe, drogue et racisme
Sur les 3,7 millions de jeux vidéo et PC vendus sur le marché suisse en 2007, 17 % sont des jeux pour « adultes », destinés à des joueurs âgés de plus de 16 ou plus de 18 ans (4 %). Parmi les critères pris en compte par le PEGI (Pan European Game Information), chargé de classifier les jeux par catégorie d’âge, on trouve : le sexe, la drogue, un langage raciste ou antireligieux, la torture d’êtres humains, d’animaux, ou encore l’attaque contre des personnes vulnérables, explique Sandra Baudois, responsable du SIEA pour la Suisse romande.
Des vignettes collées sur les boîtes des jeux avertissent en outre le consommateur d’un contenu violent, sexuel ou injurieux. Afin de décider de la classification d’un jeu, le PEGI fait remplir un questionnaire à son éditeur. Si le produit est potentiellement classable dans la catégorie plus de 16 ou plus de 18 ans, l’éditeur doit en outre envoyer un exemplaire au PEGI pour visionnement.
Problème de ce système: il n’est qu’une recommandation, et si les points de vente s’engagent à le respecter, ils n’y sont pas contraints. En l’absence de base légale, aucune sanction ne peut être prise contre les commerces qui vendent des jeux pour adultes à des mineurs. « Nous avons conscience que tous les vendeurs ne respectent pas les recommandations », admet Sandra Baudois. Plusieurs tests effectués ces dernières années par des journalistes le confirment amplement.
Faut-il durcir la législation ? Ces dernières années, le Conseil fédéral s’y est refusé à deux reprises. Le 10 mars dernier, il a rejeté l’idée de la conseillère nationale Viola Amherd (PDC/VS), qui proposait de taxer les films pornographiques et les jeux vidéo violents pour rendre leur prix dissuasif. Motif du rejet: l’accès à ces produits peut aussi se faire par l’intermédiaire d’adultes ou par Internet. Exemple: le titre réputé ultraviolent Manhunt 2, interdit dans plusieurs pays européens dont la Suisse, puis commercialisé sous une forme édulcorée, est par exemple très facile à télécharger depuis des sites d’échange peer to peer.

Article de Camille Krafft, paru dans Le Matin dimanche du 20 avril 2008

STOP SUICIDE à Infrarouge

Mardi 15 avril 2008

Mardi 15 avril 2008, Florian IRMINGER, coordinateur de STOP SUICIDE, était invité sur le plateau de l’émission Infrarouge de la Télévision suisse romande, à l’occasion de l’émission spéciale avec la conseillère fédérale Eveline WIDMER-SCHLUMPF, en charge du Département fédéral de justice et police.
À cette occasion, il a été demandé à la nouvelle conseillère fédérale si un changement politique aurait lieu en matière d’accessibilité aux armes à feu non-militaires, dont le Département d’Eveline WIDMER-SCHLUMPF a la responsabilité.

» visionner l’émission

» armes à domicile

JOURNÉES DE PRÉVENTION DU SUICIDE À L’UNIVERSITÉ DE GENÈVE

Mardi 15 avril 2008

Communiqué de presse

STOP SUICIDE a collaboré avec le Centre de conseil psychologique et l’Antenne santé de l’Université de Genève pour l’organisation de deux Journées de prévention du suicide à l’Université les 16 et 17 avril 2008.

Les Journées de prévention des 16-17 avril 2008 s’articulent autour de la volonté d’informer les étudiantes et étudiants sur le suicide et de leur indiquer les différents lieux d’aide qui sont à leur disposition. Elles sont organisées par STOP SUICIDE, en lien étroit avec le Centre de conseil psy-chologique et l’Antenne santé de l’Université de Genève.
Alliée à différentes associations d’étudiants (Association des étudiants en médecine, Think Out, etc.), STOP SUICIDE a organisé une campagne d’information autour de la volonté d’outiller les étudiantes et étudiants à faire face au suicide : quel est leur rôle si un-e ami-e venait à leur parler du suicide, quels sont les lieux d’aide à leur disposition, comment peuvent-ils ne pas rester seul face au suicide. Le Centre de conseil psychologique et l’Antenne santé de l’Université de Genève sont les premiers services à disposition et à ce titre partenaires de cette action de prévention du suicide.

- Une campagne d’affichage est organisée durant deux semaines dans les différents bâtiments de l’Université.
- Le 16 avril, différents stands d’information tenus par des étudiantes et étudiants seront dispo-sés dans les bâtiments de l’Université et des Hautes écoles. Une projection sera organisée en soirée dans le Café Éthno.
- Le 17 avril à 18h30 aura lieu une conférence avec des intervenant-e-s réputé-e-s et ayant pour thème « Et si on agissait contre le suicide ? » Le but est à nouveau de suggérer des ou-tils aux participantes et participants.

En Suisse, cette campagne de prévention est une première dans l’enseignement supérieur. STOP SUICIDE s’est notamment fixée comme objectif, dès 2008, de mettre en place différentes actions de prévention en formation supérieure. C’est d’autant plus important que le suicide est la première cause de mortalité des jeunes de 19 à 24 ans (OFS, 2004).

» prévention à l’Université

STOP SUICIDE sur la Radio suisse romande

Jeudi 10 avril 2008

Jeudi 10 avril 2008, dans le Journal de midi, Florian IRMINGER, coordinateur de STOP SUICIDE, est invité pour s’exprimer sur la facilité d’achat d’armes à feu, notamment en lien avec la catastrophe évitée dans la collège lausannois de Beaulieu, un élève étant allé en classe avec une arme à feu et un nombre importants de cartouches.
À préciser : le journaliste dit que l’élève avait un permis d’acquisition d’une arme à feu. Cette information est fausse - ce qui a été communiqué par le journaliste à STOP SUICIDE dans l’après-midi du 10 avril 2008.

» écouter l’émission

STOP SUICIDE sur Télévision de la région lausannoise

Mercredi 9 avril 2008

Mercredi 9 avril 2008, Florian IRMINGER, coordinateur de STOP SUICIDE, était l’invité du journal Inforégion de 18h du 9 avril 2008 sur la Télévision de la région lausannoise, suite à la catastrophe évitée dans la collège lausannois de Beaulieu, un élève étant allé en classe avec une arme à feu et un nombre importants de cartouches.


Inforégion, Télévision région lausannoise - 9 avril 2008
envoyé par stopsuicide

(avancer manuellement à 2:20 sur la vidéo)