Lutter contre le tabou du suicide c’est diminuer le nombre de suicides
Jeudi 19 juin 2003Genève, le 19 juin 2003
L’Association STOP SUICIDE se réjouit des résultats de la recherche Suicide mortality in tue European Union, également parue dans le numéro 13 (juin 2003) de The European Journal of Public Health.
Il serait peut-être considéré comme prétentieux d’affirmer que cette diminution du taux de suicide est due au travail de prévention qui se met gentiment en place dans les pays européens. Toutefois, l’analyse des chiffres montre bien que c’est la réalité.
On peut ainsi constater que les pays qui bénéficient d’un programme législatif de prévention du suicide, tels que la France, connaissent une baisse du taux de suicide plus impressionnante encore que la Suisse. À la vision de ces chiffres, on ne peut pas parler d’une baisse périodique, comme en connaît la courbe des suicides des jeunes, mais bel et bien d’une baisse réelle et importante.
De même, l’année dernière, des chiffres montraient que le nombre de suicides était en large diminution à Genève par rapport aux autres cantons suisses, dans la classe d’âge des 15-24 ans.
Ainsi, à la vue de ces chiffres, STOP SUICIDE réitère ici ses appels :
1. Un programme législatif national de prévention du suicide des jeunes doit absolument être mis en place le plus rapidement possible. Celui-ci devra comprendre l’aspect médical de la prévention du suicide d’une part : la généralisation des centres hospitalisés et spécialisés pour l’accueil d’adolescents et jeunes adultes suicidants. D’autre part, ce programme devra contenir un aspect de prévention sociale et citoyenne : les projets non-médicaux devront, dans toute la Suisse, être largement soutenus.
2. Il est évident, et ces chiffres corroborent encore une fois les affirmations de STOP SUICIDE, que la diminution du taux de suicide doit être liée à la lutte contre le tabou qui entoure encore cette question. Ainsi, nous nous montrons extrêmement perplexe de devoir constater à la fin de cette année scolaire 2002-2003 que toutes les écoles post-obligatoires du canton n’ont toujours pas affiché les affiches du numéro « Help » (022 382 42 42) de l’Unité de crise pour adolescents, alors que cela avait été promis après l’année scolaire 2001 par la présidence du DIP, dans une lettre du 27 juillet 2001, signée par la Conseillère d’État autrefois en charge du DIP Martine Brunschwig Graf.
3. Nous réclamons que les autorités confédérales, à l’image de ce qui se fait en France, de ce qui se fait en Allemagne et de ce qui se fait en Autriche, mettent sur pied un numéro de prévention spécialisé dans la question du suicide. Le travail effectué par les responsables du numéro « Help » montre bien que ce numéro est complémentaire à SOS-Enfants (147) et à la Main tendue (143).
Pour terminer, nous tenons à rappeler que la prévention du suicide c’est avant tout l’écoute et la parole. C’est à ce titre, que l’Association STOP SUICIDE a mis sur pied l’Espace de parole informel et non-médicalisé dont la prochaine réunion à lieu le mercredi 30 juin 2003, de 20h à 22h dans la salle Aung San Suu Kyi de la Maison des Associations socio-politiques (rue des Savoises 15 – Genève).