Remise de la pétition contre l’incitation au suicide sur Internet
Vendredi 21 septembre 2001Genève, le 21 septembre 2001
L’Association STOP SUICIDE a déposé au Grand conseil genevois, le jeudi 21 septembre 2001, une pétition, forte de 1’500 signatures, contre les sites Internet qui prônent et favorisent le suicide des adolescents, notamment en fournissant armes et médicaments, en glorifiant le suicide d’autres jeunes et par d’autres moyens.
L’objet de la pétition est d’inviter le Grand conseil à entamer les recherches nécessaires, afin de voir si de tels sites existent en français et de les faire interdire, comme cela se fait avec les sites pédophiles et néonazis.
Selon l’article 115 du Code pénal suisse, l’incitation au suicide est passible de 5 années de réclusion ou de l’emprisonnement. Selon l’article 118 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse, celle-ci doit « protéger la santé » des résidants suisses. Dès lors, nous estimons que restreindre au possible l’incitation au suicide n’est pas restreindre les libertés individuelles. Pour prévenir le tabagisme, aucun programme de prévention n’égalerait l’interdiction de la publicité pour les cigarettes, ciblée pour les adolescents : le succès de la prévention du SIDA s’explique notamment parce que le SIDA ne connaît pas de partisans. Pourquoi serait-ce restreindre les libertés individuelles que d’interdire des sites Internet qui prônent le suicide des adolescents et des jeunes adultes, d’une manière ciblée, notamment en fournissant gratuitement armes et/ou médicaments, notamment en prônant le suicide collectif, notamment en glorifiant le suicide de certains jeunes, notamment en faisant référence aux grands artistes qui se sont suicidés et qui avaient un public jeune. Toutes ces associations qui se battent pour l’interdiction de sites pédophiles, veulent-elles restreindre les libertés individuelles ? Toutes ces associations qui luttent pour l’interdiction de sites néo-nazis, veulent-elles restreindre les libertés individuelles ?
STOP SUICIDE ne croit pas en l’argument de la liberté individuelle !
Il est certainement inutile que 1’500 citoyens demandent l’interdiction de sites Internet, parce qu’ils se sentent concernés. Pourtant, ce sont 1’500 citoyens dont le Grand conseil devra tenir compte. Ce sont 1’500 citoyens qui permettront de ouvrir un réel débat sur la question du suicide des adolescents et des jeunes adultes au sein du nouveau Grand conseil. Il est évident que l’interdiction des sites Internet est une chose très difficile, notamment au niveau législatif. Pourtant, il nous semble important que le Grand conseil entame une réflexion profonde sur l’impact qu’ont ces sites sur les jeunes et ce que représente, pour lui, le suicide des jeunes. Car, et nous tenons encore à le rappeler ici, à Genève, le suicide tue chaque année plus de jeunes que n’importe quelle autre cause de décès.