Archive pour la catégorie 'Homosexualité'

Un Totem rallie les jeunes gays et lesbiennes

Vendredi 9 mai 2008

Totem propose aux homosexuels (toutes orientations affectives confondues) un espace de réunion inédit pour ce public fragile.

Pour répondre au mal-être des jeunes LGBT (lesbiens, gays, bisexuels, transgenres), Totem, un espace de réunion inédit, a été créé à Genève. Il est né dans la foulée de la Fédération genevoise des associations LGBT, constituée il y a près de deux mois. En décidant d’unir leurs forces tout en gardant leur autonomie, les associations homosexuelles du canton ont pointé plusieurs priorités. Parmi elles, la lutte contre l’homophobie – dont la Journée internationale est fixée au 17 mai – et le dialogue avec les jeunes. Symboliquement nommé Totem, le nouvel espace dédié aux 16-25 ans a démarré ses activités il y a deux semaines dans le but d’offrir un lieu de ralliement aux jeunes homosexuels. Mixte, il compte, à l’instar de la nouvelle fédération, transcender les différentes chapelles LGBT. Lieu de partage, d’écoute et d’accompagnement, il répond à une nécessité, puisqu’aucun espace spécifique à ce public n’existe, explique Julien Abegglen, l’un de ses animateurs.
Pourtant, découvrir et assumer son homosexualité au printemps de sa vie n’est pas une sinécure: «La difficulté majeure à cet âge est l’acceptation de soi et de son orientation affective dans un environnement social encore très discriminant», explique M.Abegglen. En termes plus triviaux, «même à Genève, un adolescent qui embrasse son copain se fait jeter des pierres», s’indigne l’animateur, qui relève le fort taux de suicides chez les jeunes homosexuel-le-s.
En Suisse, précise l’association Stop suicide, un quart d’entre eux déclarent avoir déjà tenté de mettre fin à leurs jours, contre 3,4% à 3,9% des jeunes femmes et 1,6% à 2,6% des jeunes hommes dans la population globale. Ces statistiques sont tirées de l’étude Swiss Multicenter Adolescent Survey on Health, la seule à fournir ces données et dont la dernière version date déjà de 2002.
Totem n’a pourtant pas une vocation thérapeutique, même si les animateurs ont certaines compétences psychosociales. Mais réunir des jeunes dans une ambiance participative est en soi une façon de répondre à leur mal-être, estime M.Abegglen. Des soirées «flexibles» sont proposées, chacun étant libre d’organiser qui la projection d’un film, qui une discussion thématique. Régulièrement, un sujet «sérieux» ou militant sera mis en avant.
Alors que le bénévolat et le militantisme s’essoufflent, la nouvelle Fédération des associations LGBT se réjouit d’accueillir cette timide relève. Totem compte un noyau dur de cinq animateurs et a attiré une quinzaine de jeunes lors de sa première réunion il y a deux semaines.

Article de Rachad ARMANIOS, paru dans Le Courrier du 8 mai 2008

» sur le suicide et l’homosexualité

Lutter contre le suicide des jeunes homosexuels

Mardi 22 juillet 2003

Genève, le 22 juillet 2003

Nous vous informons, par la présente, que l’Association STOP SUICIDE organise une conférence-débat sur le thème du suicide lié à l’homosexualité, le 13 novembre 2001, à 19h.30, à la Maison des Associations (rue des Savoises 15, Genève).
Les participants seront :
• Stéphane Riethauser, Coordinateur de la Commission Jeunesse et Ecole de l’antenne gaie suisse Pink cross, fondateur de Lambda éducation, auteur de A visage découvert
• Aurélie Jaecklé, étudiante, co-fondatrice et co-présidente de STOP SUICIDE
La soirée sera animée par Corinne Aublanc, journaliste au quotidien romand Le Courrier.
Cette soirée ne sera pas un éloge de l’homosexualité, mais tentera d’aborder ouvertement le suicide et l’homosexualité, deux tabous de notre société, car un jeune homosexuel sur quatre fait une tentative de suicide (voir Incidence du développement de l’identité sexuelle sur les risques de contamination par le HIH chez les homosexuels et bisexuels de 25 ans et moins en Suisse romande, par Dr. Pierre Chochand, Service de psychiatrie de liaison, Département universitaire de psychiatrie adulte, CHUV, p. 45).
Dès lors, une question s’impose : « l’homosexualité : exclusion ? » Un jeune homosexuel (homme comme femme) sur quatre tente de mettre fin à ses jours, parce qu’il est exclu d’un groupe qui n’accepte que les femmes aimant les hommes ou les hommes aimant les femmes. Comment faire pour avoir le droit de vivre sa vie amoureuse et sexuelle, lorsque l’on sent le petit frisson de dégoût et de rejet qui parcourt ceux à qui on annonce qu’on est homosexuel ? Pourtant, il est possible que deux femmes se tiennent la main, que deux hommes se tiennent la main. N’y a-t-il pas plusieurs façons respectables de vivre sa sexualité ?
Mais une deuxième question fait également surface : « exclusion : suicide ? » Un des facteurs indiscutables du suicide des adolescents et des jeunes adultes est l’exclusion. Dès lors, est-ce étonnant de savoir que 25% des jeunes homosexuels tentent de se suicider ? Parce qu’il n’est pas normal que des jeunes mettent fin à leur vie uniquement parce qu’ils ne correspondent pas à la majorité, il nous faut faire tomber le tabou que représente encore l’homosexualité. Est-il possible d’éviter ces suicides, uniquement dus à l’exclusion ?
Parce qu’il n’est pas normal qu’un jeune homosexuel sur quatre tente de mettre fin à ses jours, il faut en parler, pour que l’on puisse ensuite agir. Comment agir ? Nous le verrons.

» sur le suicide des jeunes homosexuels