Archive pour la catégorie 'Articles'

Dépôt des armes à l’arsenal: Berne change son fusil d’épaule

Jeudi 20 novembre 2008

Verdict des experts mandatés par Samuel Schmid : le modèle genevois est le bon !

Une tradition très helvétique a fait son temps. Rédigé à la demande du Département fédéral de la défense (DDPS), un rapport d’experts préconise de donner aux soldats suisses la possibilité de déposer leur arme de service à l’arsenal. Une volte-face notoire à Berne, puisque le chef du DDPS, Samuel Schmid, avait tancé Genève pour avoir appliqué unilatéralement cette mesure en début d’année.
Après s’être fait disputer, le canton pourrait donc servir de modèle. « Nous avons fait office de laboratoire, estime Guy Reyfer, directeur du Service des affaires militaires. La plupart des gens nous ont remerciés d’offrir cette possibilité. » Même si, dans les faits, la proposition n’a eu que très peu de succès.
« Les jeunes en détresse n’ont pas forcément le réflexe de rendre volontairement leur arme », observe Florian Irminger, coordinateur de STOP SUICIDE. Raison pour laquelle l’association veut rendre la mesure obligatoire. Un souhait qui deviendra réalité si l’initiative « Protection face à la violence des armes » récolte encore les 10 000 signatures qui lui manquent avant d’être proposée au peuple.
Selon nos sources, les cantons auront le rapport en main aujourd’hui. Contactés, ils ne se prononceront qu’après l’avoir consulté.

Article de Irène Languin, paru dans Le Matin Bleu du 20 novembre 2008

» autres informations sur ce thème
» armes à la maison

Young Swiss hold European record for gun suicide

Mardi 5 août 2008

Almost half of all suicides by Swiss youngsters are committed using a gun, according to an international survey.
This is directly linked to liberal Swiss gun laws and the easy access to firearms, said researchers from the European Alliance Against Depression, whose study is published in the current edition of the Journal of Affective Disorders.

The research showed that 43.6 per cent of suicides in Switzerland committed by 15- to 24-year-old men involve guns. This is far ahead of Finland (28 per cent) and France (19.1 per cent), which were second and third. In neighbouring Germany, the figure was only five per cent.
In all, the researchers examined 15,000 suicides in 15 countries.
There are an estimated two million firearms in circulation in Switzerland, which has a population of 7.2 million.
Switzerland has an arms tradition going back hundreds of years and soldiers of the country’s militia army must keep a rifle or handgun at home after their first training period. There are more than 150,000 active members of rifle clubs.
There are also very permissive laws for obtaining a firearm in Switzerland, whereby anyone can sell his own weapon to someone else, the study added.
Young people are a particularly high-risk group when it comes to suicides, Florian Irminger, coordinator for the STOP SUICIDE Association, told swissinfo.
“They often act impulsively when they lose control of themselves and the availability of a weapon at home facilitates this impulsiveness,” he said.

» lire la suite de l’article de swissinfo.org
» sur cette étude

Un Totem rallie les jeunes gays et lesbiennes

Vendredi 9 mai 2008

Totem propose aux homosexuels (toutes orientations affectives confondues) un espace de réunion inédit pour ce public fragile.

Pour répondre au mal-être des jeunes LGBT (lesbiens, gays, bisexuels, transgenres), Totem, un espace de réunion inédit, a été créé à Genève. Il est né dans la foulée de la Fédération genevoise des associations LGBT, constituée il y a près de deux mois. En décidant d’unir leurs forces tout en gardant leur autonomie, les associations homosexuelles du canton ont pointé plusieurs priorités. Parmi elles, la lutte contre l’homophobie – dont la Journée internationale est fixée au 17 mai – et le dialogue avec les jeunes. Symboliquement nommé Totem, le nouvel espace dédié aux 16-25 ans a démarré ses activités il y a deux semaines dans le but d’offrir un lieu de ralliement aux jeunes homosexuels. Mixte, il compte, à l’instar de la nouvelle fédération, transcender les différentes chapelles LGBT. Lieu de partage, d’écoute et d’accompagnement, il répond à une nécessité, puisqu’aucun espace spécifique à ce public n’existe, explique Julien Abegglen, l’un de ses animateurs.
Pourtant, découvrir et assumer son homosexualité au printemps de sa vie n’est pas une sinécure: «La difficulté majeure à cet âge est l’acceptation de soi et de son orientation affective dans un environnement social encore très discriminant», explique M.Abegglen. En termes plus triviaux, «même à Genève, un adolescent qui embrasse son copain se fait jeter des pierres», s’indigne l’animateur, qui relève le fort taux de suicides chez les jeunes homosexuel-le-s.
En Suisse, précise l’association Stop suicide, un quart d’entre eux déclarent avoir déjà tenté de mettre fin à leurs jours, contre 3,4% à 3,9% des jeunes femmes et 1,6% à 2,6% des jeunes hommes dans la population globale. Ces statistiques sont tirées de l’étude Swiss Multicenter Adolescent Survey on Health, la seule à fournir ces données et dont la dernière version date déjà de 2002.
Totem n’a pourtant pas une vocation thérapeutique, même si les animateurs ont certaines compétences psychosociales. Mais réunir des jeunes dans une ambiance participative est en soi une façon de répondre à leur mal-être, estime M.Abegglen. Des soirées «flexibles» sont proposées, chacun étant libre d’organiser qui la projection d’un film, qui une discussion thématique. Régulièrement, un sujet «sérieux» ou militant sera mis en avant.
Alors que le bénévolat et le militantisme s’essoufflent, la nouvelle Fédération des associations LGBT se réjouit d’accueillir cette timide relève. Totem compte un noyau dur de cinq animateurs et a attiré une quinzaine de jeunes lors de sa première réunion il y a deux semaines.

Article de Rachad ARMANIOS, paru dans Le Courrier du 8 mai 2008

» sur le suicide et l’homosexualité

Le couac d’Eveline Widmer-Schlumpf ne serait qu’un « malentendu »

Dimanche 20 avril 2008

Sur le plateau de l’émission de la TSR « Infrarouge », la conseillère fédérale en charge du Département de justice et police a commis une erreur en répondant sur la question du contrôle des armes à feu. Un simple quiproquo, assurent ses services.

Vous trouvez la problématique du contrôle des armes à feu complexe ? N’ayez crainte, Eveline Widmer-Schlumpf aussi. Du moins c’est ce que pourrait laisser penser l’intervention de la conseillère fédérale sur le sujet lors de l’émission « Infrarouge », mardi soir [15 avril 2008, ndlr] sur la TSR. Et c’est plus particulièrement sa réponse à Florian Irminger qui pose problème.
Inquiet de voir qu’en Suisse les autorités n’ont « aucun suivi » sur des millions d’armes, le coordinateur de l’Association STOP SUICIDE a souhaité savoir si la cheffe du Département de justice et police prévoyait de prendre des mesures pour contrôler ou sécuriser l’accessibilité aux armes pour les privés. Pour expliquer la position actuelle du Conseil fédéral, Eveline Widmer-Schlumpf a notamment répondu que de toute façon « on ne peut pas acheter de munitions pour l’arme que l’on a à la maison sans permis». Ce qui est faux. Pour acquérir des cartouches en armurerie, il suffit en effet de présenter une simple pièce d’identité et d’apposer une signature dans le registre officiel. Une procédure que confirme d’ailleurs Jürg Siegfried Bühler de l’Office fédéral de la police : « Pour se procurer de la munition il faut être majeur, ne pas être suspecté d’utiliser l’arme d’une manière dangereuse pour soi-même ou les autres et enfin ne pas être enregistré au casier judiciaire pour un acte à caractère violent. » Le fonctionnaire explique en outre que certaines de ces conditions sont « parfois difficiles à vérifier sur le moment pour le commerçant » qui doit toutefois exiger les documents s’il venait à avoir un doute sur l’acheteur.

Un dossier à traiter rapidement
Au Département de justice et police, le chef de la communication Livio Zanolari explique que « la déclaration d’Eveline Widmer-Schlumpf est due à un malentendu ». Et d’ajouter : « Le message qu’elle souhaitait faire passer, c’est que ce sont les marchands d’armes qui sont légalement responsables de s’assurer que les dispositions de vente soient respectées. » Reste que le récent cas du gymnasien lausannois qui s’est rendu en classe une arme chargée et des munitions en abondance dans son sac « mériterait peut-être que la conseillère fédérale se penche rapidement sur le dossier », conclut Florian Irminger.

Article de Julian Pidoux, paru dans Le Matin dimanche du 20 avril 2008

Oui, la violence des jeux agit sur les jeunes

Dimanche 20 avril 2008

Montée de l’agressivité, désensibilisation, baisse de l’empathie: de nombreuses études montrent l’impact négatif des jeux vidéo violents sur les jeunes adeptes. Devant le nombre croissant de crimes perpétrés par des adolescents, et même si le lien avec un passage à l’acte sanglant n’a pas pu encore être établi formellement, des spécialistes estiment qu’il faut déclarer la guerre à ces produits.

Le 12 avril dernier, à Schwytz, un écolier de 15 ans assassinait sa belle-mère et son demi-frère au couteau, durant leur sommeil. Signe distinctif de cet adolescent, comme de plusieurs autres jeunes agresseurs lors de drames précédents : il était un adepte des jeux vidéo violents.
Sans doute n’en apprendrons-nous pas davantage sur le lien entre ces deux informations. Et, bien sûr, personne n’oserait pointer du doigt une cause unique dans un tel drame. Reste que ces éléments inquiètent. Alors que les interventions politiques se multiplient dans le pays – notamment dans les cantons de Vaud et de Berne – pour trouver un remède au problème, 82 % des lecteurs sondés cette semaine par le quotidien vaudois 24 heures estimaient que la violence des jeux vidéo influence le comportement des enfants.
Et ils ont raison. C’est ce que démontrent quantité d’études, dont le sérieux est attesté par de nombreux professionnels, parmi lesquels Karen Ritchie, neuro-psycho-épidémiologiste à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Montpellier (F): « Les nouvelles générations de jeux vidéo contiennent des éléments extrêmement violents. Beaucoup d’études démontrent que les jeunes qui s’y adonnent présentent une baisse de leurs facultés d’empathie, une plus grande agressivité et une désensibilisation à la violence. En outre, certains jeux sont potentiellement neurotoxiques, et donc aussi nocifs que certaines drogues. » Pour Karen Ritchie, prendre la défense des jeux vidéo comme cela s’est vu dans de nombreux médias est donc proprement « scandaleux » de la part de spécialistes.
Philip Jaffé, professeur de psychologie spécialisé dans les droits de l’enfant à Sion, est tout aussi catégorique: «Dans les jeux vidéo, on est extrêmement actif, contrairement à la télévision. Il y a un investissement cognitif du personnage, qui dans certains jeux est un héros violent. Cela réveille chez beaucoup de joueurs une agressivité « encapsulée » jusque-là.» Un constat particulièrement vrai pour les FPS (First person shooter, jeu de tir à la première personne), où l’écran correspond au champ de vision du personnage.
Le travail le plus complet sur le sujet a été effectué par des chercheurs de l’Université Saint Leo de San Antonio (Floride). Il s’agit d’une analyse de la plupart des études publiées sur vingt ans au sujet des jeux vidéo violents. Selon les conclusions des chercheurs américains, les jeunes joueurs ont « tendance à imiter dans la réalité les gestes qu’ils viennent de faire accomplir à leurs personnages sur l’écran ».
Des « copycat », en somme. Une définition que ne renieraient pas les associations qui luttent contre le suicide des jeunes, elles qui mettent en garde contre une « glorification » du suicide dans les médias, à cause du risque d’imitation. « Je ne sais pas si on peut mettre en avant le même lien de cause à effet avec les jeux vidéo violents, admet Florian Irminger, coordinateur de STOP SUICIDE. Mais je pense que ces jeux provoquent des émotions dont on n’est pas forcément conscient, surtout lorsqu’on est jeune. »
Et c’est là l’un des hics : selon une étude américaine publiée l’an dernier dans une revue spécialisée, les jeux vidéo violents sont particulièrement appréciés par les préadolescents de 12 à 14 ans. Le titre Grand Theft Auto (GTA), dont la sortie du prochain opus le 29 avril suscite une fois de plus la polémique, vient en tête de liste de leurs préférences.

De plus en plus réalistes
Bien sûr, les jeux violents ne représentent qu’une petite part d’un marché en pleine expansion. Pour beaucoup de « gamers » invétérés, ils ne sont carrément pas intéressants, voire repoussants. « Ce genre de jeu m’est insupportable, admet Didier Bonvin, spécialiste des jeux vidéo au Matin. Certains sont comparables à des snuff movies. Et avec l’évolution des consoles, ils deviennent de plus en plus réalistes. »

Les problèmes potentiels surviennent lorsqu’ils sont mis entre les mains de joueurs jeunes, mais surtout « sensibles et influençables », résume Philip Jaffé. « Ces jeux ont un impact incitatif potentiel sur une minorité de jeunes vulnérables. Mais nous n’avons pas assez d’expérience clinique pour attester d’un lien direct. De plus, toute violence est multifactorielle », ajoute pour sa part Pierre-André Michaud, de l’Unité multidisciplinaire de santé des adolescents à Lausanne. Faut-il dès lors attendre qu’un drame établisse une connexion évidente entre jeu et réalité ? « Non, répond Philip Jaffé. Les études sont assez claires. Il est difficile d’interdire, car les jeunes trouveront toujours un moyen de se procurer ces jeux. Mais il faut mettre des filtres raisonnables, et perfectionner la pédagogie autour de la violence. Tant au niveau de l’école qu’à celui des parents. »

Jeux violents, bêtes noires d’un marché en plein boom
En Suisse, le marché du jeu vidéo connaît une croissance phénoménale: l’année 2007 a vu le chiffre d’affaires total de la branche augmenter de 40 %, selon la Swiss Interactive Entertainment Association (SIEA). Une expansion due principalement à l’ouverture de nouveaux segments de marché et à la commercialisation d’une nouvelle génération de consoles, comme la Wii de Nintendo.

Sexe, drogue et racisme
Sur les 3,7 millions de jeux vidéo et PC vendus sur le marché suisse en 2007, 17 % sont des jeux pour « adultes », destinés à des joueurs âgés de plus de 16 ou plus de 18 ans (4 %). Parmi les critères pris en compte par le PEGI (Pan European Game Information), chargé de classifier les jeux par catégorie d’âge, on trouve : le sexe, la drogue, un langage raciste ou antireligieux, la torture d’êtres humains, d’animaux, ou encore l’attaque contre des personnes vulnérables, explique Sandra Baudois, responsable du SIEA pour la Suisse romande.
Des vignettes collées sur les boîtes des jeux avertissent en outre le consommateur d’un contenu violent, sexuel ou injurieux. Afin de décider de la classification d’un jeu, le PEGI fait remplir un questionnaire à son éditeur. Si le produit est potentiellement classable dans la catégorie plus de 16 ou plus de 18 ans, l’éditeur doit en outre envoyer un exemplaire au PEGI pour visionnement.
Problème de ce système: il n’est qu’une recommandation, et si les points de vente s’engagent à le respecter, ils n’y sont pas contraints. En l’absence de base légale, aucune sanction ne peut être prise contre les commerces qui vendent des jeux pour adultes à des mineurs. « Nous avons conscience que tous les vendeurs ne respectent pas les recommandations », admet Sandra Baudois. Plusieurs tests effectués ces dernières années par des journalistes le confirment amplement.
Faut-il durcir la législation ? Ces dernières années, le Conseil fédéral s’y est refusé à deux reprises. Le 10 mars dernier, il a rejeté l’idée de la conseillère nationale Viola Amherd (PDC/VS), qui proposait de taxer les films pornographiques et les jeux vidéo violents pour rendre leur prix dissuasif. Motif du rejet: l’accès à ces produits peut aussi se faire par l’intermédiaire d’adultes ou par Internet. Exemple: le titre réputé ultraviolent Manhunt 2, interdit dans plusieurs pays européens dont la Suisse, puis commercialisé sous une forme édulcorée, est par exemple très facile à télécharger depuis des sites d’échange peer to peer.

Article de Camille Krafft, paru dans Le Matin dimanche du 20 avril 2008

Au plan fédéral, le suicide des jeunes reste lettre morte

Samedi 15 mars 2008

On apprenait dans la Neue Zürcher Zeitung du 24 février 2008 que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) organise des auditions et consultations préliminaires en vue de la rédaction d’une nouvelle loi fédérale sur la prévention et la promotion de la santé.

Selon ses déclarations publiques en vue de la préparation de cette nouvelle loi, l’OFSP refuse d’intégrer la prévention du suicide, prétextant maintenant que le suicide ne serait qu’une conséquence de la dépression. Pour l’OFSP, le suicide n’est pas une maladie, donc la Confédération n’a pas de compétences en la matière.
Si per se, tel est vrai, car le suicide n’est pas qu’un problème médical, il n’en est pas moins vrai que les causes de suicides peuvent être dues à une maladie mentale.
La prévention et le dépistage de la dépression, notamment par la mise en oeuvre d’Alliances cantonales ou régionales contre la dépression comme à Genève, sont à ce titre des moyens de réduction du suicide. Ils ne suffisent toutefois pas, tant il est vrai que le suicide d’un jeune n’est pas uniquement ni toujours le résultat funeste d’une maladie mentale.
En Suisse, avec les accidents de la route, le suicide est la première cause de mortalité des jeunes de 15 à 24 ans ; il s’agit donc d’un problème majeur de santé publique qui ne peut plus être ignoré. Ne pas se voiler la face signifie d’abord accepter que pour prévenir le suicide, il faut parler du suicide, de manière explicite. Or, limiter le suicide des jeunes à la question de la dépression est réducteur. À travers ses engagements internationaux, la Suisse s’est engagée à tout faire pour garantir à chaque citoyenne et citoyen la possibilité d’atteindre une aussi bonne santé physique et mentale que possible, en particulier dans le cas des personnes mineures. Or, le suicide des jeunes est un problème majeur de santé mentale en Suisse. Une coalition d’organisations non gouvernementales a déposé un rapport au Conseil des droits humains de l’Organisation des Nations Unies (ONU), en vue de l’Examen périodique universel des violations des droits humains en Suisse. Cette Coalition a retenu la question du suicide des jeunes, dénonçant l’inaction de l’État fédéral.
Ceci ne veut pas dire que la Confédération doit prendre la place des cantons. Bien au contraire, son rôle est d’encourager l’ensemble des cantons à agir, de définir des stratégies de prévention applicables et de soutenir les activités régionales, notamment en permettant une coordination de celles-ci et en accroissant la disponibilité et la diffusion des informations sur le suicide.
Cet examen périodique de la situation des droits humains permet de montrer l’utilité des instruments internationaux. En l’occurrence, la Suisse est interpellée, car elle hésite à agir dans un domaine dans lequel d’autres pays ont une large avance. La Finlande, par exemple, a connu une diminution drastique du nombre de suicides suite à la mise sur pied de programmes de prévention.
Ceci pour dire que l’on peut diminuer le nombre de suicides, encore faut-il admettre leur existence, reconnaître la nécessité d’un réseau et agir pour intégrer la prévention du suicide dans les politiques de promotion de la santé. La Suisse bénéficie déjà d’une qualité de soins importante, d’un vaste réseau, mais manque d’une coordination, d’informations et de prévention spécifiques. La Confédération pourrait agir. Pour qu’elle le fasse, pourtant, il faut visiblement lui rappeler ses obligations internationales.

Par Philipp DE ANGELIS, membre du Comité de STOP SUICIDE, paru dans la Tribune de Genève, 15 mars 2008

» loi de prévention du suicide
» Examen périodique universel de la Suisse sur la prévention du suicide
» position de STOP SUICIDE déposée en vue de l’EPU
» blog de STOP SUICIDE et du CODAP sur l’Examen périodique universel

L’Association STOP SUICIDE : « On dirait des noeuds de pendus »

Vendredi 8 février 2008

L’action choc de la SPA ne fait pas l’unanimité. L’Association STOP SUICIDE goûte peu l’opération coup-de-poing de la SPA qui visait à contrer l’initiative « Chiens dangereux » du 24 février.

Les laisses de la SPA sont restées en travers de la gorge de STOP SUICIDE. Vendredi dernier, la Société pour la protection des animaux (SPA) et les vétérinaires genevois ont suspendu des laisses pour chien aux arbres de la Cité de Calvin. Chapeautée par un bureau de communication, l’opération marketing visait à combattre l’initiative contre les chiens dits « dangereux » par une action choc. Mais la provocation n’a pas plu à l’association qui cherche à prévenir les actes de suicide. Dans une lettre, elle demande à la SPA de supprimer sa campagne d’affichage.
« Ces laisses pour chien ressemblent comme deux gouttes d’eau à des noeuds de pendus. Nous ne pouvons pas tolérer l’utilisation de la détresse des gens pour mener une campagne politique », explique Pauline Borsinger. La présidente de l’association STOP SUICIDE estime que ce genre d’opération banalise le suicide et comporte un réel danger pour les personnes fragilisées. « Quelqu’un qui a des pulsions suicidaires pourrait croire que sa propre douleur est assimilée au chien », s’inquiète la jeune femme.

Laisses retirées parles employés municipaux
De son côté, la SPA est très étonnée de la réaction de STOP SUICIDE. « Lorsque j’ai lu leur lettre, je suis tombée de ma chaise », raconte Frédérique Flournoy, présidente de la SPA Genève. « Nous n’utilisons pas le thème du suicide puisque de toute évidence aucun chien ne va se suicider le 24 février. Il s’agit de mettre en exergue l’exécution publique de nos toutous que demandent les initiants en référence à la règle des 25 kilos qu’ils veulent instaurer », poursuit l’avocate. Mais l’opération coup-de-poing lancée par le bureau de communication Euro RSCG, selon le principe de la guérilla marketing, n’aura finalement pas duré très longtemps.
Non avertis, les employés du Service des espaces verts se sont empressés de retirer les nouveaux ornements. « Nous n’avons pas été informés de l’opération. Et nous sommes très attentifs à tout ce qui pourrait endommager les arbres, donc nous enlevons systématiquement tout ce qu’on y trouve », explique Sami Kanaan, directeur intérimaire du Département de la cohésion sociale et des sports, dont dépend le Service des espaces verts.

Article de Elly Tzogalis, dans Le Matin du 6 février 2008

Mr. Suisse Romande : « Un seul jeune sauvé du pire, c’est une victoire »

Dimanche 20 janvier 2008

Récemment élu Mister Suisse romande, Olivier Marillier tenait à mettre sa médiatisation au service d’une bonne cause. Il a choisi de devenir le parrain de STOP SUICIDE, une association genevoise qui tente de prévenir le suicide chez les jeunes.

Elu Mister Suisse romande voilà un peu moins de deux mois, Olivier Marillier (31 ans) travaille depuis 1999 à l’Office des mineurs à Neuchâtel. Il s’y investit beaucoup. Des jeunes en difficulté, victimes d’un terrible mal-être, il en côtoie tous les jours. « Je ne suis pas moi-même assistant social, mais je les reçois, je les ai au téléphone, je vois leurs dossiers. » Il sait que ce mal-être, faute parfois de pouvoir être exprimé, peut conduire au pire : le suicide.
Idéaliste, Olivier n’a jamais considéré le rôle de Miss ou de Mister comme celui d’un simple mannequin. « Nous avons un message à délivrer. Dès le début, mon idée a été de mettre ma médiatisation au service d’une cause. Ç’a été mon désir profond, totalement partagé par Olivier Müller, le patron du concours Mister Suisse romande. »
Bouddhiste pratiquant, Olivier Marillier aurait pu se mettre au service du Tibet martyr. Des associations lui avaient aussi demandé, en tant qu’homosexuel, de participer à des campagnes contre les maladies sexuellement transmissibles qui font encore tant de ravages dans le milieu. Finalement, c’est vers le sujet qui lui est le plus cher, le malaise des jeunes, qu’il a décidé de se tourner. Dorénavant, et pour au moins une année, il servira d’ambassadeur à l’association STOP SUICIDE, qui, à Genève, tente de prévenir le suicide chez les jeunes.

Sentiment d’exclusion

« Leur démarche est celle qui correspond le mieux à mes aspirations. Et puis, ce sont des jeunes qui parlent aux jeunes. » Des quatre membres qui mènent les actions sur le terrain, la plus « vieille » est la présidente, Pauline Borsinger… 24 ans. « Le choix d’Olivier est un cadeau inespéré », se réjouit-elle.
On sait que le suicide fait encore plus de victimes chez les jeunes homosexuels. Malgré l’évolution des moeurs, des problèmes demeurent: difficultés de l’avouer aux parents, sentiment encore vivace d’exclusion. Mais c’est le problème dans son ensemble, qui touche tous les jeunes indépendamment de leurs orientations sexuelles, qui a motivé Olivier Marillier.
Aujourd’hui, en Suisse, le suicide reste la principale cause de mortalité chez les 18-24 ans avec les accidents de la route. Cent jeunes se donnent la mort chaque année, dix fois plus font des tentatives. Un sujet qui, malgré ces chiffres alarmants, reste pourtant trop tabou aux yeux d’Olivier.
« Pour certains jeunes, le courage consiste à aller au bout. Mais le vrai courage, c’est de parler de son mal-être autour de soi, à ses camarades, à sa famille. Un jeune doit pouvoir soulever le couvercle, s’extérioriser. Aujourd’hui, on place la barre trop haut, socialement. Certains n’osent par rentrer chez eux à cause de leurs mauvaises notes. Le mal de vivre peut devenir insupportable. Les tentatives de suicide, autant d’appels au secours, ne doivent pas être prises à légère. »

Actions de prévention

Des cas concrets, Olivier Marillier en a connu deux. « Un jeune qui en décide ainsi, c’est aussi une famille, des camarades détruits. A l’office, le plus beau des cadeaux c’est quand un jeune, en difficulté, revient des années après pour nous remercier. Un jeune, un seul, qu’on sauve du pire, c’est déjà une immense victoire. »
Des actions de prévention, STOP SUICIDE, qui existe depuis sept ans, en mène partout. Dans les associations de jeunes, dans les clubs de sport, dans les écoles, aussi. Des discussions sont organisées. Des informations concrètes sont données : où appeler, à qui s’adresser en cas de difficultés… Sans oublier un côté ludique, pour dédramatiser. « Dans les écoles, des troupes de théâtre de rue mettent en scène les préjugés sur le suicide. Nous avons aussi organisé un concours sur le thème des “cinq sens de la vie”. Nous avons déjà reçu 70 oeuvres, des peintures notamment, qui seront exposées en mai prochain », raconte Pauline Borsinger.

« Un monde hors norme »

L’association, elle y a adhéré suite au suicide de l’un de ses proches. « Il faut casser les tabous, sensibiliser. » Olivier Marillier participera aux actions aussi souvent qu’il le pourra. La présidente est enchantée. « Olivier est quelqu’un d’aujourd’hui qui parle aux jeunes. Il a un discours très instinctif. »
Séances photos, de dédicace, émissions de télé, Olivier Marillier mène une vie de fou depuis son élection, tout en continuant à travailler à plein-temps. « Je découvre un monde hors-norme. Je suis moins présent pour ma famille, mes amis, mais ils comprennent. » L’homosexualité qu’il a eu le courage de révéler dès son élection ? « Cela ne m’a valu que des félicitations, que des messages positifs. » Avec sa collaboration à STOP SUICIDE, son règne va prendre une autre dimension. « Je vais m’engager à fond ».

Article paru dans Le Matin dimanche du 20 janvier 2008, sous la plume de Bertrand Monnard

Comme aux Etats-Unis, rendez votre arme privée !

Vendredi 14 décembre 2007

Pour pacifier le canton et éviter les accidents, Soleure va inviter ses habitants à déposer leurs arme.

Cette initiative rappelle les États-Unis, le Mexique et le Kosovo, où la population troque ses armes contre des frigos ou des toasters. Les Suisses recevront-ils un caquelon en échange de leur fusil ? Pour l’heure, rien n’est prévu.
On estime à 1,3 million le nombre d’armes privées qui dorment dans les tiroirs et les greniers suisses. « Les femmes et les enfants sont souvent menacés par des armes à feu », martèle le socialiste soleurois Philipp Hadorn, à l’origine de l’interpellation. « C’est un appel extraordinaire, chaque arme retirée du circuit augmente la sécurité », se réjouit Florian Irminger, coordinateur de Stop Suicide à Genève. L’UDC soleurois Heinz Müller, lui, parle de populisme. « On veut faire de chaque possesseur d’arme à feu un meurtrier en puissance. »
« Les solutions pour se défaire d’une arme existent, mais la population ne le sait pas », explique Philipp Hadorn. Il est possible de se défausser d’une arme en la remettant à la police. Si les citoyens doivent être mieux informés, les forces de l’ordre doivent aussi être sensibilisées au problème. En terre vaudoise, la police cantonale revend certaines armes aux armuriers, si leur détenteur ne s’y oppose pas. À Genève, les forces de l’ordre vendent parfois l’arme de valeur aux enchères, afin de dédommager son propriétaire.

Simon Koch
Le Matin bleu, 14 décembre 2007

Suicide des jeunes - les proches témoignent pour briser le tabou

Vendredi 16 novembre 2007

Tabou ultime, fléau tragiquement répandu en Suisse avec une centaine de décès par an, le suicide des jeunes nous interpelle tous. Frère, mère, amie, des personnes concernées témoignent aujourd’hui, avec un message concordant : parlons davantage, sachons écouter et prévenir.

L’hebdomadaire L’Illustré (no 46, 14 novembre 2007), sous la plume de Marc David, consacre plusieurs pages à la prévention du suicide et à des témoignages.

» lire l’éditorial de Christophe Passer, rédacteur en chef