Le suicide des jeunes suscite des réactions
Lundi 30 mai 2005L’association STOP SUICIDE a réuni une cinquantaine de manifestants samedi à travers une marche silencieuse.
À l’entrée du parc des Bastions à Genève, une danseuse aérienne appelle à l’aide. Du haut de ses échasses, la jeune femme exprime sa souffrance avec des gestes lents et douloureux. Autour d’elle, un groupe de femmes s’avance dans un ballet silencieux, se rassemble et se disperse presque aussitôt.
Samedi après-midi, à l’occasion de la troisième édition de la marche STOP SUICIDE, le secrétaire de l’association, Florian Irminger, a fait appel au talent des danseurs du théâtre Les Montreurs d’images pour mettre en scène et en mouvement un problème de société encore méconnu.
À l’heure actuelle, le suicide cause plus de décès que les accidents de la route en Suisse. Son taux dépasse
allégrement la moyenne internationale avec plus de 1300 cas recensés chaque année.
Après plusieurs années d’inertie, la Confédération a finalement répondu au rapport du Conseiller national Hans Widmer – paru en 2002 et intitulé « Le suicide et la prévention du suicide en Suisse » – et a « relevé la nécessité de mettre en oeuvre des mesures concrètes de prévention du suicide ». Même si elle juge que « c’est principalement aux cantons qu’incombe la prévention du suicide », elle projette cependant « d’examiner si la thématique du suicide et des tentatives de suicide peut être intégrée aux programmes fédéraux de promotion de la santé et de prévention des dépendances déjà en place ».
L’association STOP SUICIDE de Genève a immédiatement salué ce changement de ton, appelant notamment la Confédération à mettre en place une législation sur la prévention du suicide chez les jeunes et à « faire du suicide une tâche de société et pas qu’une question médicale ».
Par ailleurs, l’association souhaite une meilleure coordination des activités de prévention grâce à l’intervention du Conseil fédéral. Elle souligne la nécessité de bien distinguer le suicide des jeunes de la problématique du suicide des adultes, des personnes âgées ou encore de l’aide au suicide.
À Genève, les différents acteurs de la prévention du suicide peinent à trouver une stratégie commune puisque la polémique qui les anime est vive. Si le Département de l’instruction publique soutient la démarche de STOP SUICIDE, « l’antenne santé de l’Université de Genève a clairement critiqué le CommuniCafé… jugeant ce lieu thérapeutique sans réellement l’être », s’indigne Florian Irminger.
Malgré les bisbilles et le manque de cohésion qui semblent actuellement affecter le domaine de la prévention, rien n’a ébranlé le cortège masqué et silencieux qui rejoignait, en fin d’après-midi, le jardin Anglais.
Article de Caroline Stevens, dans Le Courrier du 30 mai 2007
