LA MÉDIATISATION DU SUICIDE NÉCESSITE UNE GRANDE PRUDENCE
Mardi 10 juillet 2007Genève, le 10 juillet 2007
Le Conseil suisse de la presse donne une nouvelle fois raison à STOP SUICIDE qui rappelle qu’il y a lieu de faire preuve d’une grande prudence en cas de médiatisation du suicide – même s’il s’agit d’une personnalité connue du grand public.
Dans leurs éditions respectives du 19 janvier 2007, Le Matin et Le Matin bleu ont médiatisé une prise médica-menteuse d’une vedette cinématographique, qualifiant cet acte de tentative de suicide. STOP SUICIDE a saisi le Conseil suisse de la presse, reprochant au Matin et au Matin bleu de ne pas avoir respecté les directives en matière de médiatisation du suicide, découlant tant de la Déclaration des droits et devoirs du journaliste que des conseils de l’Organisation mondiale de la santé.
Le Conseil suisse de la presse, dans sa prise de position no 20/2007 a admis des plaintes de STOP SUICIDE. Il a également conclut que la manière dont les quotidiens ont donné les informations en première page est « particulièrement critiquable lorsqu’elle[s] port[ent] sur un événement, comme une tentative de suicide, à l’égard du-quel la plus grande retenue est commandée ». Enfin, le Conseil souligne qu’en raison du statut public de la personne, la presse est légitimée à rendre publique certains éléments, mais les quotidiens en question « auraient dû le faire sans recourir ni à une surdramatisation de l’affaire en “Une” ni à une présentation trop détaillée des modalités de cette hypothétique tentative ».
STOP SUICIDE rappelle que cette décision du Conseil suisse de la presse n’est pas nouvelle : elle vient confirmer de nombreuses prises de position depuis 1992 ! À cet égard, STOP SUICIDE tient à saluer l’éthique du Conseil suisse de la presse.
STOP SUICIDE regrette que les nombreuses recommandations notamment de l’Organisation mondiale de la santé, la conférence de presse nationale du 22 février 2007 et les prises de position du Conseil suisse de la presse ne suffisent pas à faire cesser de telles pratiques de médiatisation du suicide. STOP SUICIDE appelle les rédacteurs, journalistes, rédacteurs en chef et éditeurs à la retenue qui s’impose lorsqu’il s’agit de la médiatisation de ces drames. De nombreuses études montrent en effet un lien tangible entre la médiatisation d’un suicide et l’augmentation du nombre de suicides par la suite !
La démarche de STOP SUICIDE n’est pas une volonté d’interdire la médiatisation d’un tel sujet. En l’espèce, les deux quotidiens violent toute décence, évoquant une tentative de suicide alors que d’autres sources d’informations de même que l’avocate de la personne concernée affirmaient qu’il ne s’agissait pas d’une tentative. Par ailleurs, STOP SUICIDE avait précédemment déjà eu l’occasion d’informer la rédaction en chef du Matin et l’auteur de l’article incriminé, suite à la publication d’un article sur une autre personnalité connue.
» lire la recommandation 20/2007 du Conseil suisse de la presse
» recommandations du Conseil suisse de la presse
» directives de l’Organisation mondiale de la santé