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Le Roaccutane et ses génériques
22 septembre 2009

STOP SUICIDE souhaite rendre la population sensible à la controverse liée au médicament Roaccutane ainsi qu’à ses génériques.

Le Roaccutane est un antiacnéique rétinoïde délivré sous ordonnance médicale en cas d’acnée sévère. Des cas de dépressions profondes et de conduites suicidaires ont été rapportés ces dernières années suite à la prise régulière du Roaccutane et STOP SUICIDE estime de son devoir de rendre les jeunes attentifs aux risques associés à ce médicament.

Pharmacie franco-française et risques de surdosage
17 juillet 2009

Je me revois encore, en pleine nuit, la joue gonflée comme celle d’un hamster, à regarder la pendule égrener les heures, attendant avec impatience de pouvoir reprendre ma dose de Di-Antalvic. Le dentiste, qui devait soigner le lendemain matin cette insupportable rage de dents, m’avait prescrit, au regard de l’intensité de la douleur et parce que le Doliprane ne me soulageait plus, cet antalgique que tout le monde connaît.

Combien sommes-nous avec nos souvenirs, ou nos expériences actuelles, de douleurs qui se calment, qui s’apaisent enfin, grâce à ce vieux médicament ? Des millions sans doute. Voilà plus de quarante ans qu’il fait partie de l’arsenal thérapeutique pour soulager de multiples maux. Mais depuis six jours, il est cloué au pilori. Plus question d’en prescrire à de nouveaux patients et, dans un an, tous les produits à base de dextropropoxyphène ou DXP (opiacé présent dans le Di-Antalvic en association avec le paracétamol) auront disparu des pharmacies.

Ainsi en a décidé l’Agence européenne d’évaluation des médicaments, pour cause de preuves d’efficacité insuffisantes et de risque trop important de suicide par surdosage, essentiellement au Royaume-Uni et en Suède. Médecins ou patients français, nombreux sont ceux qui crient au scandale, pestent contre l’Europe et fustigent les arguments avancés pour justifier le retrait.

"Laissez-moi mon Di-Antalvic, ou alors je réclame qu’on mette des barreaux à toutes les fenêtres", résume une internaute. "S’il fallait retirer tous les médicaments accessibles aux candidats au suicide, il n’en resterait plus beaucoup d’efficaces", s’emporte un généraliste. Le raccourci Di-Antalvic = meurtrier a du mal à passer. D’autant qu’en France, les suicides médicamenteux sont davantage liés aux psychotropes qu’aux antalgiques.

Reste la question, trop vite oubliée, de l’efficacité de ce médicament. "Franchement, les données sont anciennes et ne sont pas très étoffées ; on pourrait sans doute soulager tout aussi bien avec quatre grammes de paracétamol ou de la codéine", constate un bon connaisseur du dossier. La vaste étude clinique qui permettrait de mesurer si oui ou non le DXP a une efficacité supérieure aux autres antalgiques n’est pas pour demain. Aucun laboratoire ne financera de recherches sans espoir de retour sur investissement. Or le Di-Antalvic est depuis longtemps génériqué.

Il n’y a pas pour autant péril. Plusieurs pays européens - l’Allemagne notamment - se passent très bien du Di-Antalvic. Mais qu’il est difficile de changer ses habitudes et de voir l’Europe se mêler de nos traditions thérapeutiques ! La France voulait garder le Di-Antalvic, mais l’Europe, au nom de l’harmonisation et de la sécurité des patients, a dit non. A la prochaine rage de dents ou au prochain mal de dos bien costaud, je prendrai autre chose. N’ayons pas d’inquiétude franco-française. Le CHU de Toulouse n’utilise plus ce médicament depuis 2005 afin d’éviter les risques de surdosage accidentel. Et à Toulouse, personne ne hurle.

(source : Sandrine Blanchard pour Le Monde, publié en ligne le 1er juillet 2009 : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/01/pharmacie-franco-francaise-par-sandrine-blanchard_1213856_3232.html)

STOP SUICIDE s’engage pour la prévention du suicide des jeunes dans la région romande. Combattant le tabou du suicide, elle met en place

des programmes destinés aux jeunes et au grand public, visant à les équiper pour faire face au suicide.