Informations
Armes à la maison
Pour prévenir le suicide des jeunes, il faut diminuer l’accès aux moyens létaux, dont les armes qui sont gardées à domicile. De nombreuses études montrent cet état de fait.
STOP SUICIDE s’engage pour que les autorités prennent conscience de la nécessité de réduire l’accès aux armes à domicile. Elle travaille ainsi au lancement d’une initiative « Protection face à la violence des armes ».
Récemment, le Parlement a adopté la Loi sur les armes.
Armes de service : l’entreposage gratuit va se généraliser
23 juillet 2009
La possibilité de déposer gratuitement les armes d’ordonnance à l’arsenal devrait se généraliser en Suisse. Les cantons saluent le projet de révision des bases juridiques en la matière mis en audition jusqu’à aujourd’hui par le Département fédéral de la défense (DDPS).
Le texte élaboré par les services d’Ueli Maurer prévoit notamment que les militaires aient l’option d’entreposer leurs armes sans frais et sans avoir à invoquer de motifs. Genève, qui a fait office de pionnier lorsqu’il a introduit ce système en janvier 2008, se dit satisfait que son modèle s’apprête à faire école.
Dans les autres cantons, l’idée d’une consignation volontaire mais gratuite des armes est bien acceptée. Seul point d’accrochage : les frais liés à cet entreposage. Dans sa réponse au DDPS, le Département de la sécurité neuchâtelois indique par exemple qu’ils doivent être pris en charge par la Confédération. Un avis partagé par bon nombre de gouvernements cantonaux.
Autre mesure proposée par le DDPS : l’examen optimisé du potentiel de dangerosité des conscrits, qui passe tout aussi bien auprès des cantons. Si une recrue présente un tel potentiel, aucune arme ne devra lui être remise. Egalement saluée : la possibilité offerte aux tiers tels que médecins et autorités civiles d’annoncer plus facilement le danger représenté par un soldat déjà en possession d’une arme.
Le GSsA mi-figue mi-raisin
Quant à l’obligation de présenter un permis d’acquisition pour pouvoir conserver son arme après le service, calquée sur le droit civil, elle ne fait sourciller que la Fédération sportive suisse de tir (FST), également consultée par le Département de la défense. Selon la FST, un tel permis devrait être remis au soldat par l’armée elle-même en échange des services rendus.
La révision des bases juridiques pour les armes d’ordonnance proposée par les services d’Ueli Maurer « va dans la bonne direction mais n’est qu’une demi-mesure », indique le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) par la voix de son secrétaire genevois Frédéric Durand. Selon le groupe, les essais d’entreposage gratuit effectués à Genève n’ont par exemple pas été concluants.
Même son de cloche au PS, membre de la coalition de soutien à l’initiative « Pour la protection face à la violence des armes », qui réclame entre autres la consignation obligatoire des armes militaires. Les mesures du DDPS sont « totalement insuffisantes », selon le chef de campagne et de communication du parti Peter Lauener.
Quant à la possibilité donnée aux personnes tierces de « dénoncer » plus facilement des soldats potentiellement dangereux, elle pose des problèmes de protection des données, a poursuivi M. Lauener.
En février dernier, le Conseil fédéral a réaffirmé son attachement au principe de l’arme à la maison. Les ministres ont tranché sur la base d’une note découlant d’un rapport commandé par l’ex-chef du DDPS Samuel Schmid. Les services d’Ueli Maurer ont néanmoins été chargés de plancher sur des pistes censées réduire les risques liés à la possession d’une arme d’ordonnance.
(source : article paru dans Le Matin le 23 juillet 2009 : http://www.lematin.ch/actu/suisse/armes-service-entreposage-gratuit-va-generaliser-146721)
Le Conseil fédéral rejette l’initiative sur les armes
4 juillet 2009
Le Conseil fédéral a rejeté mercredi 1er juillet 2009 l’initiative "pour la protection face à la violence des armes".
Cette initiative était pourtant soutenue par 74 partis et associations, dont STOP SUICIDE, et proposait notamment que les armes militaires soient entreposées obligatoirement dans des arsenaux plutôt qu’à la maison et que les fusils d’assaut soient rendus à l’armée une fois les obligations militaires terminées.
Le Conseil fédéral s’est opposé à l’initiative, mais plus grave encore n’a présenté aucun contre-projet, fermant ainsi la porte à toute évolution concernant les armes à feu en Suisse.
Par ailleurs, cette décision n’a pas été communiquée de manière officielle et le rejet de l’initiative a été décidé en catimini.
Pour les germanophones :
L’État vend des armes à feu : « C’est une situation délirante »
11 novembre 2008
STOP SUICIDE ne comprend pas pourquoi les autorités alimentent le marché.
« Dans tous les pays, lorsque les pouvoirs publics saisissent une arme à feu, ils la détruisent. Pourquoi pas en Suisse ? » s’énerve le responsable de STOP SUICIDE, Florian Irminger.
Il réagit à chaud à la vente aux enchères, demain à Aigle, de l’Office vaudois des poursuites et faillites. Dans le lot, notamment, deux pistolets semi-automatiques et un pistolet-mitrailleur sont proposés aux plus offrants.
Café des libertés : Accès aux armes et engagements internationaux
15 mai 2008

Café des libertés (conférence, discussion)
Accès aux armes et engagements internationaux
une contradiction de plus en Suisse ?
Lundi 19 mai 2008, 20h, Standard Café (rue des Grottes 3, Lausanne)
En Suisse, les armes - civiles ou militaires - circulent avec une facilité consternante, avec des conséquences importantes sur la population. Au niveau international, quasiment aucun contrôle n’est imposé au marché des armes - qui ne peut être considéré de la même manière que d’autres marchandises.
Ce Café des libertés propose une réflexion sur la raison pour laquelle autant d’armes circulent en Suisse et sur la manière dont leur accès et leur utilisation pourrait être limitée. Une réflexion de fond semble également souhaitable sur la conjoncture qui a permis une si grande liberté à ce commerce non-anodin. En cela, l’exportation des armes à partir de la Suisse sera également abordé.
Ce Café sera l’occasion de faire le point sur l’évolution de la conception des armes en Suisse et ailleurs, ainsi que sur moyens mis en œuvre pour en diminuer l’accessibilité et pallier aux dégâts qu’elles génèrent
Intervenants :
Ce Café des libertés est organisé par le CODAP, avec le soutien de la Section Hautes écoles lausannoises d’Amnesty International, le Groupe pour une Suisse sans Armée, la Conférence universitaire des associations d’étudiants, les Projets Waki et le Groupe de liaison des associations de jeunesse de Genève.
Armes de chasse peu accessibles
5 octobre 2007
Le Centre de prévention du suicide de la Vallée-de-l’Or profite du temps de la chasse pour lancer une campagne de prévention pour les armes à feu. L’organisme a fait parvenir à tous les foyers de Val-d’Or un document d’information sur les risques des armes non verrouillées et sur la façon sécuritaire de les ranger.
« Je pense que le rangement sécuritaire des armes à feu peut aider à prévenir au niveau du suicide chez une personne en détresse. Je pense que c’est important. Quand on n’a pas le moyen accessible, on peut au moins retarder ou aider cette personne à aller chercher de l’aide », explique la directrice du Centre de prévention du suicide, Hélène BLAIS.
Café des libertés : 2.3 millions d’armes en Suisse et quel contrôle ?
3 octobre 2007

Avec le CODAP, et l’ensemble des organisations partenaires des Cafés des libertés, STOP SUICIDE a le plaisir de vous convier au prochain Café des libertés sur la violence des armes qui se déroulera le 17 octobre à 19h00 à La Datcha (Genève, bvd d’Yvoy 18 - bâtiment à côté de l’Ecole de Physique).
Ce Café abordera le thème des armes à feu en Suisse avec trois intervenants :
La prévention du suicide de Lanaudière vise la réduction de l’accès aux armes à feu
7 septembre 2007

La loi canadienne sur les armes à feu exige que tous les propriétaires d’armes à feu détiennent un permis et que les armes à feu soient enregistrées. Cette loi permet, lorsqu’un risque est identifié, de retirer de façon temporaire ou permanente une arme, d’exiger un examen d’admissibilité ou de révoquer le permis. Elle comprend également des mesures pour l’entreposage sécuritaire.
Devant ces données, Le Centre de prévention du suicide de Lanaudière emboîte le pas pour sensibiliser la population aux risques reliés à la possession d’une arme à feu. Il souhaite également inciter tous les propriétaires d’armes à feu non nécessaires ou non utilisées à s’en départir. Pour ce faire, ceux-ci n’ont qu’à contacter les corps policiers qui leur expliqueront les procédures sécuritaires à appliquer.
Il existe une corrélation significative entre le contrôle des armes à feu et la diminution des taux de suicide. Plusieurs stratégies permettent de diminuer efficacement le nombre de blessures causées par les armes à feu. Pour contribuer à cette mesure, le CPSL distribuera des dépliants expliquant les mesures à prendre pour entreposer de façon sécuritaire les armes à feu. De plus, l’organisme a fait l’acquisition de 80 verrous de pontets, dispositifs permettant de rendre les armes inopérantes, qu’il offrira gratuitement aux propriétaires d’armes à feu qui lui en feront la demande. Pour ce faire, toute personne intéressée peut se présenter aux kiosques d’information que le CPSL tiendra le 10 septembre prochain de 10 h à 13 h aux Galeries Rive-Nord à Repentigny et de 14 h à 17 h aux Galeries Joliette à Joliette. Lors de cette journée et les journées suivantes, ceux qui n’auront pu se présenter à ces kiosques pourront également s’adresser à deux boutiques de chasse et pêche de la région de Lanaudière, La Gélinotte Sports située au 2000 de la Visitation à St-Charles-Borromé ainsi que Performance Chasse-Pêche (Propac) situé au 303, Notre-Dame à Repentigny. Chaque commerce a accepté de procéder pour le CPSL à la distribution d’une vingtaine de verrous de pontet et dépliants.
Enfin, tous peuvent appeler en tout temps (24h/24, 7 jours/7) au CPSL en composant le 1-866-APPELLE afin de recevoir de l’information à ce sujet ainsi que pour tout besoin d’aide en lien avec la problématique du suicide.
Source : Le Trait d’Union, 6 septembre 2007
640 millions d’armes sèment la mort et la destruction : il faut agir
2 mai 2007

L’Union interparlementaire et le Centre pour le dialogue humanitaire (HD Centre), dont le siège est à Genève, ont présenté aujourd’hui un manuel à l’usage du législateur intitulé Les pièces manquantes du puzzle : guide pour réduire la violence armée par l’action parlementaire.
Les chiffres sont accablants. On estime qu’il y a actuellement en circulation 640 millions d’armes légères et de petit calibre, qui vont de l’arme de poing et du fusil d’assaut au lance missile anti-aérien portatif. Cet arsenal est en grande partie, environ 60 pour cent, aux mains de particuliers. De récents événements dramatiques ont pointé l’urgence des mesures à prendre, comme le Secrétaire général de l’UIP, Anders B. Johnsson, et le directeur du HD Centre, Martin Griffiths, le soulignent dans leur introduction au manuel.
Guillaume se tue avec l’arme dans le tiroir de son père
1er janvier 2007

Mourir à dix ans, par Claude Couderc (extrait)
Paris, Fixot, 1991 (Pocket, 2004)
Guillaume.
Pour atteindre la corniche poussièreuse du vieux vaisselier, l’enfant grimpe sur une chaise. Il prend appui sur un des montants et pose les pieds sur le plateau du buffet, entre deux chandeliers en cuivre légèrement oxydés et un magnifique bouquet d’hortensias. Il s’écorche légèrement l’index à une pointe qui dépasse sur le flanc du meuble. Sans y prendre garde, il poursuit ses investigations. Sa main tâtonne sur le bois rugueux. Enfin, il sent le contact du métal froid. Il attrape l’arme massive par le canon et redescend de son perchoir.
Guillaume, onze ans, est seul dans la maison. Cheveux coupés en brosse, avec une longue mèche dans le cou, il a souvent une casquette, qu’il porte la visière sur la nuque.
[…]
Il pose le revolver sur le bois ciré et jette un coup d’œil par la porte à croisillons de la terrasse. Il cligne des yeux, tant la lumière est blanche. Sur la pointe noire du rocher surplombant l’océan à peine agîté de vaguelettes, il aperçoit la silhouette de son père, dans la pose rituelle du pêcheur attentif.
[…]
Guillaume prend l’arme des deux mains et porte le canon à la verticale de son visage, à hauteur du nez. Il inspire longuement en fermant les yeux à demi. Il aime cette odeur âcre de poudre et d’huile qui reste incrustée dans les aspérités de l’orifice noir du revolver à gros barillet. Il sait qu’il n’est jamais chargé, mais il sait aussi que les balles sont au fond d’un des tiroirs du vaisselier de la salle à manger.
[…]
Guillaume ouvre le tiroir. Il y plonge la main et fouille sans voir. Il devine, entre les cartes à jouer et des bougies à demi consumées, un rond de serviette en plastique, des épingles à linge en bois, une pelotte de ficelle et des fiches de cuisine reliées entre elles par un gros élastique. Ses doigts identifient enfin la boîte rectangulaire en carton dur. Il l’extrait du tiroir. Elle est légèrement décolorée par le temps et l’humidité. Guillaume l’ouvre avec une sorte d’exaltation.
Les balles, têtes en l’air, poitées comme des ogives, fascinent l’enfant. C’est une boîte de vingt, mais une des alvéoles est vide… Vraisemblablement, c’est la place de la balle tirée par l’oncle.
L’enfant hésite à en saisir une.
[…]
Gauille pose la balle sur le plateau du vaisselier, près d’une chaufferette à alcool. Son cœur bat très fort dans sa poitrine. Il reprend le revolver et tente de libérer le barillet, sans y parvenir. […] L’enfant bloque le revolver entre ses cuisses, juste au-dessus des genoux, et il tire autant qu’il peut sur l’onglet métallique strié qui dégage le barillet. […] L’arme glisse. […] Le barillet s’ouvre enfin.
[…]
L’enfant à juste le temps de faire disparaître la balle dans la poche de sa chemisette avant de se retourner. Sa mère est sur le pas de la porte. Il ne s’attendait pas à son retour. D’habitude, la permanente chez le coiffeur prend beaucoup plus de temps. Guillaume craignait davantage d’être surpris par son père.
[…]
Pendant l’heure de la sieste, le lendemain après-midi, une déflagration terrible retentit dans la maison. Le père de Guillaume pense d’abord à la bouteille de butane dans le garage.
Au bas de la bande dessinée, l’enfant a écrit le mot « fin ». Comme son héros, il a porté le canon du revolver à sa bouche, il a regardé une dernière fois la carte sur le mur de sa chambre et il a tiré.
Guillaume avait onze ans.
Extrait de Mourir à dix ans, de Claude Couderc